mercredi 30 avril 2014

Philosophie du portillon




Dans le métro, le plus souvent, nous lâchons le portillon sans le tenir à la personne qui nous suit. « Je suis pressé, nous le sommes tous, on ne va pas se faire des politesses dans cet endroit fonctionnel, -et puis, le précédent ne l’a pas tenu non plus ! » Ainsi vont nos consciences, habiles à se justifier. Mais une fois de temps en temps, survient un petit miracle, une petite grâce dans la galerie souterraine : une personne vous tient le portillon. Que pensez-vous alors, et que faites-vous ? Trouvez-vous cette politesse incongrue, déplacée, ridicule. Nullement ! Et en voici la preuve irréfutable, que nous connaissons tous : lorsque celui qui nous précède tient le portillon, nous le tenons systématiquement à celui qui nous suit (je me trompe?) Nous aurions honte de ne pas le faire. Moralité : les comportements de sauvage n’ont aucune fatalité. L’espace d’un instant, nous entrevoyons la possibilité d’un autre monde, d’une autre vie, fondée sur la coopération. C’est l’univers technique, la fausse pudeur et le conditionnement  qui nous transforment en méchant petit street fighter.



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