lundi 16 juin 2014

Avez-vous déjà vu une photo plus triste ?



On dira ce qu’on voudra sur l’échec des économies socialistes. Je ne puis m’empêcher de penser que cet échec a retardé la corruption intellectuelle et spirituelle des Russes. Le Vietnam m’a laissé le même sentiment. L’irruption de l’économie de marché, la surabondance de biens de consommation et la domination des mœurs libérales sont en train de corrompre à grande vitesse ces populations, d’y ruiner les manières, la culture et l'instruction. Voir se produire à toute vitesse chez eux ce qui s’est étalé chez nous sur une quarantaine d’années est un spectacle d’une grande violence et d’une intense laideur. On sent bien que la génération montante n’aura bientôt plus rien de russe, et serait-on tenté de dire, rien de soviétique : car après tout, soixante-dix ans de soviétisme n’ont pas été sans fruit : le culte préférentiel de toutes les disciplines les plus ardues –mathématiques, physique, musique et danse classique- les loisirs sérieux comme le chant choral, la poésie et les échecs – tout cela avait été conservé, renforcé et très massivement démocratisé en URSS. L’absence de consommation a objectivement favorisé chez les nations socialistes, outre l'absorption massive de vodka, la sublimation de la libido dans la haute culture. Il n’y a rien à rétorquer à cela. Cette vérité se constate à l’œil nu. Leur sortie du communisme correspond à leur alignement sur la barbarie culturelle occidentale. Comble de laideur et de déshonneur  : il existe à présent du rap vietnamien. Et les jeunes filles de Saïgon commencent à quitter la tunique blanche pour la tenue réglementaire de la poufiasse de banlieue. Le mot « décadence » a un sens très objectif. Il se manifeste par la vulgarité des femmes, l’avachissement des hommes, l’arrogance des attitudes, l’hyperactivité des enfants, l’indigence et la brutalité des loisirs. En clair : l'américanisation.




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