jeudi 26 juin 2014


Dans le débat la propagande sur l’adoption par les couples homosexuels, l’argument de loin le plus seriné est le suivant :

« Il vaut mieux être élevé par deux sympathiques homosexuels que par deux hétérosexuels qui boivent et se tapent dessus (quand ils ont la bonne grâce de ne pas martyriser les gosses au fer à souder) ».

Sur n’importe quel plateau-télé, un tel argument, servi par le fonctionnaire appointé de la doctrine officielle, a le don de faire applaudir les veaux. C’est grande misère de nous voir réduits à réfuter de pareilles foutaises, mais allons-y quand même.

Ce raisonnement est un sophisme de tribune vieux comme le monde : lorsque vous voulez faire accepter une conduite complètement aberrante, il vous suffit de la comparer avec une version particulièrement rare et pervertie de la conduite normale. Cette comparaison boiteuse aura le grand mérite de faire apparaître subitement la conduite aberrante comme finalement tout à fait acceptable.

Cet effet tient à ce que l’attention de l’auditeur est brutalement attirée sur l’inconvénient très exceptionnel qui a été ajouté à la situation normale, et en oublie de considérer l’inconvénient général et constant qui est lié à la situation anormale.

Vous pourrez dire ainsi qu’il vaut mieux se trouver dans un avion n’ayant plus qu’un seul réacteur mais piloté par un as, que dans un avion en parfait état piloté par un épileptique en pleine crise. Vous pourrez dire aussi qu’il vaut mieux écouter Rubinstein jouant sur un Bontempi que votre petite nièce sur un Steinway. Et ainsi de suite.

Le problème est que de telles comparaisons asymétriques n’autorisent absolument pas à conclure qu’il faudrait donner des autorisations de vol à des avions défectueux, ou organiser des concerts de maestros sur des instruments de supermarché.

Pour avoir un sens, une comparaison doit être faite toutes choses égales par ailleurs, et en évitant les situations exceptionnelles ou statistiquement non significatives. A défaut, avec un peu d’imagination et une mauvaise foi à couper au couteau, on peut justifier absolument n’importe quoi.

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