mercredi 18 juin 2014

D'où vient la violence ?


            L’autorité et la violence évoluent en raison inverse l’une de l’autre. Lorsque l’autorité faiblit, non seulement la violence progresse mais elle prend sa place. Nous appellerons ici « autorité » la qualité en vertu de laquelle une personne se fait spontanément obéir, sans avoir besoin de manier la contrainte. Pour l’expliquer, il n’est pas nécessaire d’invoquer l’onction divine ou la légitimité historique ; l’autorité découle simplement de la hiérarchie naturelle qui structure et régit un certain nombre de situations : la relation du père à ses enfants, du gouvernant aux gouvernés, du commandant aux soldats. Par différence, nous appellerons « violence » l’application directe de la contrainte physique ou morale. 

             Voyons maintenant pourquoi elles évoluent en raison inverse l’une de l’autre. Lorsque le droit d’une personne à se faire obéir n’est plus spontanément admis, le plus souvent du fait d’un refus idéologique de reconnaître les hiérarchies naturelles (qui commence toujours dans une partie de l'élite), les nécessités fonctionnelles de la vie en commun ne cessent pas pour autant de se faire sentir. Dès lors, leurs exigences se fraient un passage par le biais de la violence pure et simple. Dans un contexte d’idéologie anti-autoritaire, généralement empreinte d’humanitarisme, cette violence répugnera à se manifester franchement. Elle sera sournoise, insidieuse, inavouée. Voyons quelques exemples : lorsque le droit naturel du propriétaire sur son bien s’efface, et que l’on concède au locataire toute une série de droits contre-nature, le propriétaire réagit en exigeant des garanties exorbitantes des locataires ; ces exigences démesurées privent de logement de nombreuses personnes honnêtes mais incapables de fournir les cautions excessives qu’on leur demande. De même, lorsque le droit naturel des patrons sur leurs employés faiblit, rendant le licenciement très difficile, les patrons réagissent par des pressions insidieuses visant à contraindre à la démission les employés qui ne donnent pas satisfaction. C’est ce qu’on appelle le harcèlement moral. On pourrait aussi évoquer les parents qui, ne sachant plus faire preuve d’autorité avec leurs enfants, oscillent entre le copinage visqueux et la violence verbale, voire physique.

                 Sur le plan de l’Histoire de l’Humanité, on peut dire que la chute de l’autorité divine a rendu possibles les génocides industriels, la chute de l’autorité royale l'avènement du totalitarisme et la chute, plus récente, des pères de famille l’ensauvagement de toutes les relations sociales.

              Certains objecteront à ce dernier point que nos sociétés sont tout de même beaucoup moins violentes que sous l'âge d'or de l'autorité.

Patience. Vous n'avez encore rien vu.


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