jeudi 24 juillet 2014

Les deux visages de Rousseau



On connaît certes le Rousseau stoïcien, partisan de Sparte contre Athènes, contempteur rigide des Lumières et de la civilisation du commerce, -le Rousseau « réactionnaire » en somme ; mais ce n’est là que la partie critique de sa pensée. Positivement, Jean-Jacques propose autre chose, et d’encore plus réactionnaire si l’on veut : le retour à l’animalité. Irrationaliste, prônant le primat absolu de la sensibilité, Rousseau développe une conception erronée de la conscience, qui la délie de toute référence extérieure, de toute loi divine. L’« authenticité », conçue comme obéissance aveugle à la voix de l'instinct immédiat, se trouve ainsi promue au rang de suprême vertu.

Quant à la charité évangélique, elle se voit remplacée par son substitut passionnel, affranchi des rigueurs de la Justice : la compassion humanitaire. Ce manque de discernement rationnel dans l’exercice de la pitié, qui l’entraîne à tout confondre, est la manifestation d’une hérésie, celle qui conçoit l’amour comme l’affranchissement du Décalogue et la grâce comme la suppression de la nature.




1 commentaire:

  1. Certes et j'ajouterais cher Frédéric cette pensée de mon fils : " dans l'ombre de Rousseau, on voit poindre Robespierre"

    RépondreSupprimer