jeudi 16 octobre 2014

nature et culture



Ce qui frappe d’abord dans les petits villages des îles grecques, c’est la parfaite adaptation de l’architecture aux conditions atmosphériques. Epaisseur des murs et blancheur immaculée pour lutter contre la chaleur ; rondeur des formes et petitesses des ouvertures pour se protéger du vent. Le résultat, ce sont ces casemates blanchies à la chaux qui ressemblent à des igloos, revêtus d’une matière douce et neigeuse, serties d’aplats bleus et décorés de lauriers roses. Cette adaptation atmosphérique faisait le caractère de toute architecture traditionnelle, avant que les moyens techniques modernes de chauffage et de climatisation ne permettent aux hommes de vivre partout dans des immeubles en verre et des pavillons Bouygues. Ce qui m’intéresse dans ce phénomène c’est que la beauté universelle des habitats avant l’avènement de la modernité architecturale –disons avant 1945- ne tenait peut-être pas d’abord à un dessein délibéré des constructeurs, mais à une sorte de loi de la nature, qui veut que l’adaptation du vivant aux conditions naturelles, couplée à l’usage de matériaux très peu transformés, conduise de soi-même à une forme de beauté simple et spontanée, qui ressemble à celle de la nature. Comme si, jusqu’à un certain point, l’art ne faisait que prendre le relais de la nature. On comprend ainsi la phrase d’Aristote : « l’art imite la nature ». Cela ne signifie pas que l’art ait pour fonction de fabriquer des reproductions d’êtres naturels. Cela signifie plus profondément que l’art imite la manière d’agir de la nature pour continuer son œuvre : produire de belles formes, de manière la plus simple et la plus harmonieuse possible. La ressemblance, l’imitation n’est pas dans le résultat, mais dans la méthode et dans le style.


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