lundi 24 novembre 2014

Du balai


La spéculation financière dernier cri se caractérise principalement par deux pratiques contre-nature : vendre des choses qu’on ne possède pas : ce sont les ventes à découvert dans toute leur variété ; s’assurer contre des risques qu’on ne court pas : c’est le marché énorme des Credit Default Swaps, eux-mêmes objets de ventes à découvert.
Cela me fait penser à la crise de la « vache folle ». Le bon sens paysan aurait deviné que faire manger de la viande à des herbivores n’était sans doute pas une bonne idée. Même si le bon sens n’a pas de preuve scientifique de ce qu’il avance, il sent bien que « ça ne se fait pas ».
Pour la finance, c’est pareil. Vendre des trucs qui ne sont pas à soi, ou parier sur l’effondrement des autres pour en tirer de l’argent, un enfant de douze ans est capable de comprendre que ce sont des conduites perverses.
D’ailleurs, si l’on rapporte ce genre de pratiques à des objets quotidiens, on est immédiatement choqué ; c’est le caractère abstrait des produits qui maquille le forfait. Qui trouverait moralement acceptable d’acheter une assurance sur la voiture de son voisin et de trafiquer les freins par derrière pour qu’il ait un accident ? C’est pourtant le b.a.-ba de la finance contemporaine.

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