mercredi 17 décembre 2014

Sur la France



J’assistais l’autre soir au spectacle suivant : une brochette d’hommes politiques devait répondre à la question : « qu’est-ce que la France pour vous ? ». Pas un, je dis bien pas un, ne fut capable d’articuler une réponse prouvant un quelconque attachement réel à notre pays. Pas un ne fut en mesure de brosser en quelques mots, quelques images, quelques évocations bien senties, un portrait du pays qu’ils sont censés vouloir gouverner. Mais la France est-elle encore un pays ? N’est-ce pas moi qui suis, avec mes petits camarades, un dinosaure, un fossile, un débris, un vestige de l’Antiquité ? C’est ce qu’il faut croire si l’on se fie à l’idéologie d’aéroport qui règne au sein des puissances et des dominations médiatiques.

En tout cas, ces quelques huiles ne surent rien citer d’autre, pour définir la France, qu’un trio de notions pâles et délavées, et quelques abstractions pathétiques : « droits de l’homme », « valeurs », « modèle social »…Pourquoi pas le RMI ? Certains ont dû y penser. Ne savent-ils pas, ne sentent-ils pas que la France est un pays, je veux dire d’abord une terre, un terroir, un territoire ? Ont-ils donc tout oublié ? Où vivent-ils, perdus qu’ils sont dans leur philosophie de grands hôtels ? N’ont-ils donc plus les yeux, la mémoire, le nez, la bouche et les oreilles, et surtout n’ont-ils plus le cœur pour sentir que la France est faite de fleuves, de rivières, de montagnes, de torrents, de vallées, de plaines, de forêts, de bocages, de coteaux, de ciels, de vents, que la France est un pré carré, borné par les monts et par les mers, que la France est –à la tête d’une péninsule immense- la terre la plus tempérée, la plus douce, la plus caressante, la plus accueillante à l’homme et à ses foyers ?

Ne savent-ils pas, pour ne pas l’avoir goûtée, que la France est une certaine façon d’aimer les produits de la terre, que la France c’est le pain et le vin, la table et l’amitié autour de la table, que la France n’a de leçon à recevoir de personne, et surtout pas de ces peuplades sinistres du Nord, que la France est impératrice en son royaume, et que rien d’autre ne pourra jamais lui faire peur que de recevoir le ciel sur la tête ? Ils ne connaissent ni Astérix, ni Richelieu, ni Audiard, ni Vercingétorix, ni Philippe le Bel ni Henri IV, ni le Général de Gaulle –ils ne savent plus rien. Ils ne nous aiment pas. Il n’y a dans leur pauvre tête que CSG, RDS, IRP, TIPP, quand dans la nôtre il n’y a qu’« Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme » !




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