mercredi 17 décembre 2014

Vivement la fin du pétrole !



Oui vivement la crise définitive ! Elle aurait le mérite de mettre un terme à l’une des activités les plus nuisibles du monde moderne : le tourisme. Ah ! tous ces avions cloués au sol, tous ces aéroports désertés, ces carcasses de boeing transformées en clapiers géants pour les lapins d’Orly, en terrain de course pour les escargots, quel rêve merveilleux ! Toutes ces stations balnéaires rendues au silence de la mer, ces parcs soudain repeuplés d’écureuils, ces villages retournés à l’ennui profond, à l’ennui méditatif et silencieux qu’ils n’auraient jamais dû quitter, toutes ces plages redonnées aux vagues, et ces montagnes redonnées au ciel, -toute cette beauté déchirante offerte enfin aux yeux qui l’aiment et l’ont vraiment voulue !

La mobilité est la maladie, le fléau de notre monde, le grand enlaidisseur, le massacreur systématique, l’écrabouilleur de silence, la pathologie des hommes qui se fuient à l’autre bout de la terre. Elle est à la fois le signe et la cause d’une misère spirituelle sans nom –qui est la misère de l’homme sans lieu. Qu’elle serait belle cette crise ! Elle en aurait des avantages ! Elle arrêterait aussi les automobiles, elle viderait les routes et les autoroutes. Il faudrait les fermer ces autoroutes, qui depuis Hitler et Mussolini font l’orgueil du monde moderne !

Ah sans pétrole, nous serions bien obligés de les rendre à l’herbe, au blé, aux coquelicots, elles cesseraient de balafrer la Provence et de mêler leur barrissement hideux au chant des cigales. Les gens feraient du vélo. Ils cesseraient de partir en vacances non seulement à l’autre bout de la terre, mais même à l’autre bout de la France, ou bien alors, ils le feraient en le sachant, en l’ayant vraiment voulu, en le sentant dans leurs pieds, dans leurs jambes, -et ils s’en souviendraient toute leur vie !

Sans cette indolore mobilité, le voyage enfin redeviendrait possible, et avec lui l’exotisme, l’étranger, la surprise, -la nostalgie enfin, qui est le plus grand bien des hommes.



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