vendredi 9 janvier 2015

Logique


                                                 Lucidité politique de Charlie Hebdo

A la demande générale de mes trois lecteurs, je vais essayer de dire quelque chose des événements récents.
C’est triste à dire mais, d’un point de vue formel, cet horrible massacre a la beauté d’une démonstration. C’est ce que l’on peut appeler un événement saturé de logique. Sous la figure de Charlie Hebdo, c’est l’idéologie qui détruit la France depuis quarante ans qui se trouve confrontée aux conséquences mortelles de sa victoire totale. C’est le gag pas drôle du type qui marche sur un râteau. Les terroristes musulmans ont en effet choisi de s’attaquer à ce qui se trouve être, sinon l’organe central, du moins le conservatoire historique de l'idéologie dominante, l’esprit soixante-huitard le plus forcené : immigrationniste à mort, anti-flics à en crever, anti-national à s’en faire péter les tripes. Charb, Wolinski, Cabu -paix à leur âme- n'étaient sûrement pas de méchants bougres, mais ce n'étaient pas non plus de grandes lumières en politique. Je veux dire : ils ne comprenaient pas le monde où nous vivons. Ils étaient hermétiques à la réalité. Et radicalement inconséquents. Du genre à conchier la police et à vivre sous protection policière. Du genre à remplir une pièce de gaz puis à craquer des allumettes. Mais le réel revient toujours, et se venge. Je n’irai pas jusqu’à parler de justice immanente, parce qu'ils n'exerçaient pas de responsabilités, mais enfin, il y a de cela. Aujourd’hui, la France –enfin, ce que cette génération a fait de la France- entre en agonie. Mais elle meurt sans avoir rien compris. « Je suis Charlie » répète-t-elle, hébétée.
Oui, et c'est bien pour ça qu'elle est déjà morte. 

1 commentaire:

  1. votre clairvoyance est glaçante ! Mais "avoir toujours raison est un grand tort" comme disais E.Faure et comme henri de Kerillis en fit les frais
    bien à vous

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