lundi 4 mai 2015

La Banque

Analystes aux pieds du CAC 40


Vous n’y pensez pas, mais c’est un fait. En quelques décennies, les banques ont acquis sur nous un empire total. Elles tiennent les Etats; elles tiennent les individus. A votre avis, qui tient le manche ? Qui décide ? François Hollande ou Mario Draghi ? Obama ou Lloyd Blankfein ? La plupart des multinationales appartiennent à une poignée de méga-banques (voir ici). Les Etats encore indépendants du système bancaire international sont en voie de mise au pas. Vous savez comment on fait pression sur un pays ? On le menace de le débrancher du système de paiement électronique SWIFT (voir ici). Et pour renverser un chef d’Etat ? On « gèle ses avoirs », selon la formule consacrée. Au niveau individuel, réfléchissez à des petits détails apparemment insignifiants : les règlements de grosses sommes en espèces sont désormais interdits ; les détentions de liquide sont considérées comme suspectes. Et si vous n’avez pas de numéro de compte bancaire, si vous n’êtes pas bancarisé, comme on dit, vous n’avez plus d’existence sociale. Pas de logement, pas de travail. Toute votre vie est transparente à l’entité  bancaire. Votre compte peut-être bloqué dans la journée sur réquisition des services américains. La banque vous tient.

Or, l’autre jour, alors que j’étais –selon mon propre conseil- en train de boire frais tout en lisant l’Apocalypse, je tombe sur ces versets que j’avais oubliés :

« Et la Bête fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. [...] Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six. » (XIII, 17-19)

Notre situation avait donc été prophétisée par Saint Jean. C’est le règne de Mammon. L’empire de Baal. Le Royaume de l’Argent. Que faut-il en conclure ? Je ne sais pas. J’ai de plus en plus souvent l’impression que tout répond à un plan, car les choses se déroulent comme à la parade et d’une manière admirablement cohérente, et systématique, et implacable. Mais dans le même temps, il est assez flagrant que nos dirigeants ne sont pas les auteurs du plan. Ils sont infiniment au-dessous du mal qu’ils font. Ils n’en ont même pas conscience. Enfin, pas tous. Certains, au sommet de la pyramide, font parfois des aveux en bonne et due forme, allant jusqu'à proférer des sentences blasphématoires dignes de l'Ecriture sainte. Ainsi ce patron de la plus puissante banque spéculative du monde déclarant qu'il accomplit "l'oeuvre de Dieu" (lire ici). Avant, j’étais maurrassien. Je deviens maistrien : les causes naturelles ne sont pas suffisantes pour expliquer ce qui se passe. Il faut recourir à des hypothèses surnaturelles.




1 commentaire:

  1. Très concrètement si je fais un don à Renaud Camus ma banque le saura - et la CIA aussi et peut être aussi les services français ...

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