mercredi 2 septembre 2015

Le Règne du Droit


Les bons sentiments envahissent tout. Cette morale abstraite, cette moraline dégoulinante, qui néglige le véritable bien des hommes, inspire l’inflation réglementaire qui tient désormais lieu d’activité législative aux gouvernements européens. On connaît les sujets : lutte contre les discriminations, respect de l’individu, promotion de l’égalité, etc. Cette prolifération de règles bienveillantes rend la vie sociale de plus en plus absurde. Et le plus étonnant est qu’elle s’accompagne du développement, chez beaucoup de gens, d’une mentalité formaliste qu’on croyait le propre de la religion pharisaïque –si tant est qu’elle ait jamais existé. Quelques exemples feront comprendre de quoi je veux parler. Quand, au printemps dernier, un avion de la Lufthansa a été précipité volontairement par son pilote sur une montagne, on a rapidement appris que le pilote en question avait été reconnu comme dépressif par la médecine du travail. Mais alors pourquoi n’avait-il pas été signalé aux responsables opérationnels comme inapte ? Réponse : car il aurait été discriminatoire professionnellement de considérer qu’il est impossible de travailler quand on a été dépressif. Cette considération pleine de bénévolence est sûrement valable pour un cantonnier ou un comptable, mais il est évidemment absurde de l’appliquer à un pilote de ligne. Car, en l’espèce, le risque est trop grand. Mais c’est ainsi : la moraline ne veut pas connaître les cas d’espèce. Elle ne fait aucune distinction. Elle pense aux principes, pas aux conséquences, pas aux circonstances, pas au réel. C’est la morale des irresponsables. Autre exemple : dans les gares, vous avez sûrement vu, maintenant que nous sommes sous menace terroriste permanente, patrouiller des trinômes de militaires en treillis. Ils sont invariablement composés de deux hommes et d’une femme. Vous aurez alors été frappé par la disproportion entre les deux hommes et la femme : le plus souvent, le membre féminin du trinôme apparaît beaucoup plus petit et frêle que ses deux équipiers. La dernière que j’ai vue, à la Gare du Nord, était, sans mentir, à peine plus haute que son fusil. Elle disparaissait derrière son sac à dos. La faire tomber par terre aurait été un jeu d’enfant- même pour moi, c’est tout dire. Il est évident qu’ainsi composée, la patrouille est infiniment plus vulnérable qu’avec trois hommes de forte carrure. Des agresseurs éventuels n’auraient qu’à s’attaquer à la femme pour neutraliser le groupe : cela obligerait en effet l’un des deux soldats à s’occuper de sa camarade pour la mettre à couvert, laissant le troisième seul contre tous. Ceci crève les yeux. Mais alors ? Pourquoi faire ainsi ? Pourquoi des patrouilles de deux et demi alors qu’on pourrait constituer des patrouilles de trois ? Par respect de la parité, pardi ! Là encore, le réel ne compte pas : appliquer la parité dans l’armée, comme dans l’ensemble des services de sécurité opérationnel, est d’une bêtise criminelle, mais on ne dévie pas de cette ligne. Plutôt mourir, plutôt mettre en danger les citoyens que faire une entorse à « l’égalité homme-femme ». Et ne croyez pas que les conséquences fassent reculer les décideurs ! Les malfrats qui, eux, n’embauchent pas de jeunes filles fluettes pour leurs opérations armées, ont plusieurs fois prouvé combien il est facile d’abattre des gendarmettes. Le plus souvent, ils se bornent à leur arracher leurs armes, et à les retourner contre elles. Mais qu’importe ! Il serait réactionnaire de reconnaître que les femmes ont en moyenne un gabarit et une puissance musculaire inférieure aux hommes. L’idiotie morale n’a plus aucune limite. Encore un exemple : un professeur aveugle a récemment reçu une convocation de l’Education nationale lui enjoignant de surveiller plusieurs épreuves écrites du baccalauréat. Ledit professeur, croyant à une erreur, a téléphoné au rectorat pour signaler qu’étant aveugle, il n’était évidemment pas apte à lutter contre la triche dans une salle d’examen. On lui répondit qu’il ne s’agissait nullement d’une erreur et que, compte tenu de la législation en vigueur, ne pas le convoquer aurait exposé l’Administration à une poursuite pour discrimination « à raison d’un handicap physique ». Nos pharisiens sont donc prêts à transformer la salle d’examen en pétaudière plutôt que de discriminer un aveugle. Je continue, et là nous entrons dans le tragique. En France, des activistes musulmans dûment repérés comme dangereux par les services spéciaux, peuvent en toute liberté travailler sur des sites industriels SEVESO. Pourquoi ? Protection de la liberté individuelle ! Présomption d’innocence ! Il me paraît inutile de commenter plus avant.

Fiat Justitia Pereat Mundus !



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