dimanche 29 mai 2016

L'autre Black M.



Le soldat inconnu

Si la France n’était pas devenue ce qu’elle est devenue, si elle n’avait pas avec son passé le rapport pathologique qu’on lui connaît, si la bande d’incultes haineux qui nous tiennent lieu d’élites gouvernantes avaient le sens de la grandeur et de la continuité historique, de la gratitude et de la réconciliation nationale, les cérémonies du centenaire de Verdun, au lieu d’être la énième occasion d’une fête grotesque, auraient dû voir le retour à Douaumont des cendres du seul homme qui avait quelque titre à se trouver honoré lors d’une telle commémoration. C’est la raison pour laquelle, précisément, il sera le grand absent de tous les discours et de toutes les pensées. En un certain sens, c’est mieux. Ces gens salissent tous ce qu’ils touchent.



Pour mémoire, voilà ce que le Général de Gaulle, pour le cinquantième anniversaire de Verdun, dit de celui auquel plus personne ne pense.

« Les dons de chef, Pétain les possède par excellence. Mis, le 26 février, à la tête de la 2ème armée par Joffre, qui décide en même temps de tenir ferme à Verdun, il installe son poste à Souilly. C’est là que, jusqu’au 1er mai, il va commander la défense, de telle sorte que notre dispositif, articulé en quatre groupements : Guillaumat, Balfourier et Duchêne sur la rive droite, Bazelaire sur la rive gauche, ne cessera jamais, dans son ensemble, d’être bien agencé, bien pourvu et bien résolu, et que l’offensive de l’ennemi échouera décidément malgré la supériorité de feu que lui assurent mille pièces d’artillerie lourde. Si, par malheur, en d’autres temps, dans l’extrême hiver de sa vie et au milieu d’événements excessifs, l’usure de l’âge mena le Maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire que, vingt-cinq ans plus tôt, il avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée, ni méconnue, par la patrie. »

Mais c’était il y a mille ans.






4 commentaires:

  1. Et que dire de son style ?

    Vive De Gaulle !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le style du Général? Infiniment au-dessus de n'importe qui aujourd'hui. Mais, du point de vue de ce que l'on appelait autrefois la langue française, je dirais qu'il était un peu alambiqué.

      Supprimer
    2. Chose étrange, son style écrit est plus simple et plus direct, et en cela plus français, que son style parlé, qui offre parfois autant de difficulté qu'une version latine tirée de Cicéron. Sa syntaxe n'était, cela va de soi, jamais fautive, mais elle pouvait atteindre, à l'oral, un niveau de complexité inouï dans notre langue. Lisez par exemple la transcription de ses conférences de presse, c'est étonnant. Il faut parfois prendre un stylo et repérer les divisions des propositions complexes, comme si l’on était en train de transpirer sur les Catilinaires.

      Supprimer